• Genre et pratique du vélo pour les déplacements domicile-travail

    Genre et pratique du vélo pour les déplacements domicile-travail
    Temps de lecture : 4 min.

    A travers une analyse de données, nous examinons le lien entre la pratique du vélo par les femmes pour leurs déplacements domicile-travail et la qualité des aménagements.

    Les femmes sont en minorité dans les déplacements cyclistes à Angoulême

    Le point de départ de notre réflexion remonte au 28 avril 2022, lorsque les bénévoles de l’association Vélocité ont réalisé un comptage des cyclistes à Angoulême (et auquel notre directeur scientifique a participé). En une 1h30, à heure de pointe (17h-18h30), ils ont compté 306 cyclistes cumulés sur 5 lieux de la ville. Un record historique ! Mais derrière cette bonne nouvelle, un autre chiffre marquant : 3 fois plus d’hommes que de femmes à vélo (75% vs 25%).

    Comparatif de la part modale des femmes à vélo en France

    Pour un tel échantillon, il ne peut guère s’agir d’un aléa statistique : il y a un phénomène derrière, et nous avons cherché à creuser un peu pour en savoir plus. Nous avons ainsi récupéré les données statistiques de l’INSEE sur la mobilité domicile-lieu de travail. Ces données nous donnent une estimation du nombre de déplacements entre les villes, ainsi que le mode et le sexe des personnes.

    Pour les 375 principales villes de France, nous avons ainsi pu obtenir la part modale du vélo et la part de femmes.

    On remarque tout d’abord que la part relative du vélo pour les femmes est généralement en dessous de 1. Dit autrement, les femmes sont généralement moins enclines que les hommes à se déplacer à vélo pour se rendre sur leur lieu de travail, et ce dans une majorité de villes.

    Autre remarque : on note une tendance à la baisse de cette part relative des femmes à vélo à mesure que la part modale du vélo diminue. Autrement dit : moins la part modale du vélo est élevée, plus la différence de pratique entre hommes et femmes a tendance à s’exacerber.

    La sécurité routière freine la progression de la part modale des femmes

    Qu’est-ce qui explique ces différences de pratiques ? Difficile à savoir précisément mais la sécurité semble être l’un des principaux facteurs, les femmes y étant généralement plus sensibles (voir source en fin d’article). Pour essayer de mettre ce lien en évidence, nous nous sommes appuyés sur les données du Baromètre des Villes Cyclables de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB). Ce baromètre est plutôt un bon indicateur de la sécurité perçue par les usagers.

    Pour des raisons de commodités, nous nous sommes restreints à analyser uniquement la relation « Score FUB » vs. « Part modale vélo » pour les principales villes en Nouvelle-Aquitaine. Le nombre de villes est moins important, mais on retrouve quand même globalement la tendance.

    Avec les données de la FUB, on peut ainsi remarquer une autre tendance globale, assez attendue (voir figures ci-dessous) : plus le score au baromètre est élevé, plus la part modale du vélo est élevée. Et donc de manière cohérente, on retrouve ce lien entre la pratique des femmes et la qualité des équipements.

    Évidemment, on peut faire plusieurs remarques : la qualité des données sources est discutable (même s’il n’y a pas mieux de disponible à l’heure actuelle), la tendance reste difficile à quantifier précisément, corrélation n’est pas causalité … Toutefois, malgré les critiques (légitimes), c’est déjà un bon indice qui montre que les qualités urbanistiques ont aussi une influence sur le genre des pratiques. D’autre travaux, notamment sociologiques, viennent conforter cette interprétation.

    Cela permet d’arguer en tout cas que le manque de volonté politique pour le développement du vélo est aussi un facteur qui participe à maintenir les inégalités homme-femme dans le vécu quotidien de leur territoire. Développer le vélo, c’est aussi réduire les inégalités de genre !

    Références

    Il y a de nombreuses autres recherches sur le sujet. Voici quelques références et les sources des données :

  • Portfolio Cartographique

    Portfolio Cartographique
    Temps de lecture : < 1 min.

    Nous vous présentons ici différentes réalisations cartographiques réalisées par l’équipe de dynartI/O. Contactez-nous pour discuter des possibilités de réalisation pour votre entreprise ou collectivité.


    Karto-district

    Projet de cartographie transfrontalière franco-allemande sur le territoire de l’Eurodistrict Strasbourg-Ortenau.

    https://kartodistrict.eu


    Forêts certifiées PEFC

    Réalisation d’une carte interactive sur les forêts certifiées PEFC dans le Grand Est.

    Carte en ligne : https://pefc-grandest.fr/node/607


    Voies cyclables d’Angoulême

    Cartographie des voies cyclables d’Angoulême, réalisation de cartes statiques et interactives.

    Lire l’article : Cartographie des réseaux cyclables


    POPSU Métropoles Strasbourg

    Contribution à la réalisation d’un atlas cartographique pour l’étude des voies d’eau dans la dynamique de métropolisation.

    https://popsu.archi.fr/projet/eurometropole-de-strasbourg

  • Cartographie des réseaux cyclables

    Cartographie des réseaux cyclables
    Temps de lecture : 4 min.

    Parmi les nombreux enjeux écologiques auxquels les territoires doivent apporter une réponse, il y a la question de l’optimisation des réseaux de mobilité et la satisfaction des usagers choisissant un mode de déplacement actif.
    Dans ces modes figure bien sûr le vélo et les collectivités sont de plus en plus nombreuses à soutenir son développement. Pour aider au diagnostic du territoire et au développement des réseaux cyclables, la cartographie est outil essentiel.

    Dynartio vous présente les travaux menés à Angoulême et qui s’appuient sur l’outil cartographique libre et collaboratif OpenStreetMap.

    Une des façons d’analyser les flux dans les territoires, c’est de chercher à comprendre leur géographie : d’où viennent-ils ? où vont-ils ? où passent-ils ? Appliqué à la mobilité cyclable, répondre à cette question demande à confronter les besoins des usagers avec les infrastructures du territoire. Circuler à vélo n’ayant pas les mêmes contraintes qu’en voiture, les chemins empruntés peuvent donc également différer. Nous avons ainsi identifié quatre critères qui déterminent le choix des itinéraires par les cyclistes pour leur mobilité quotidienne. Ils vont généralement privilégier des parcours : (1) plus courts, (2) qui limitent les dénivelés (surtout en vélo mécanique), (3) où la circulation automobile est faible voir absente, (4) munis d’un bon revêtement et d’une bonne largeur. Même si on pourrait citer de nombreux exemples de voies cyclables où ces quatre critères sont maximisés, dans la plupart des cas il faut faire des compromis. Les cyclistes doivent souvent arbitrer entre ces différents critères en fonction de leurs préférences personnelles pour choisir leurs itinéraires.

    C’est là qu’entre en jeu la cartographie : elle permet d’avoir une vue globale du réseau cyclable d’un territoire pour faciliter cet arbitrage, mais aussi pour accompagner la collectivité dans le développement de meilleurs itinéraires. En effet, cette connaissance du terrain va permettre de prioriser le développement des infrastructures et aussi d’identifier des potentiels du territoire. Comprendre l’articulation des chemins existants, ou qui pourraient facilement exister, est vraiment important pour optimiser l’action publique.

    Nous avons donc cherché à cartographier un réseau cyclable, en l’occurrence celui d’Angoulême et de son agglomération. Pour cela, nous nous sommes largement appuyé sur OpenStreetMap (OSM) qui rassemble des informations sur les voies cyclables dans le monde entier. Pour beaucoup, OSM constitue la donnée de référence sur cette thématique, et de nombreuses applications reposent dessus. Par ailleurs, il s’agit d’un projet collaboratif, et donc tout le monde peut venir compléter des données manquantes.

    Ainsi, en récupérant les données d’OSM, et avec un peu de traitement nous avons pu classifier les voies cyclables. Cela nous permet de construire une carte lisible des possibilités existantes, mais aussi des discontinuités. La carte est aussi disponible sous forme interactive en format web.

    Angoulême n’étant pas une ville particulièrement plate, nous avons aussi réalisé une version indiquant le dénivelé

    Les données OSM existantes au début du projet n’étaient pas suffisantes. Avec un travail de terrain nous avons ainsi complété la base de données avec des aménagements récents qui n’étaient pas mis à jour ou en identifiant les rues apaisées pratiques à utiliser (avec les tags class:bicycle et class:bicycle:commute pour les initiés OSM) comme des rues résidentielles ou des impasses débouchantes pour les cyclistes.

    Par ailleurs, ce travail de reconnaissance révèle aussi de nombreuses incohérences invisibles sur la carte, mais bien présentes sur le terrain et qui rendent plus difficile l’usage du vélo.

    Progressivement, nous avons construit un inventaire des améliorations possibles. Certaines peuvent être mises en œuvre facilement avec un peu de peinture et de signalisation, d’autres demandent des infrastructures plus lourdes, mais sont nécessaires pour développer correctement la mobilité cyclable. Plus de 300 améliorations souhaitables ont ainsi été identifiées.

    Ce travail de cartographie du réseau cyclable d’Angoulême est toujours en cours, notamment en lien avec l’association Vélocité, avec la volonté de travailler sur la définition du réseau cyclable de demain. Nous avons également commencé un guide pour la cartographie des réseaux cyclables avec OpenStreetMap (pour le moment en version beta, nous espérons pouvoir le poursuivre dans les prochains mois) pour aider ceux qui veulent s’emparer de cette thématique dans leur territoire et y reproduire l’exercice. L’équipe de Dynartio sera également heureuse de vous accompagner dans cette démarche au sein de votre collectivité.

  • Déplacements domicile-travail à Angoulême

    Déplacements domicile-travail à Angoulême
    Temps de lecture : 3 min.

    Un court article pour présenter les premiers résultats de notre exploitation des données de l’INSEE sur la mobilité domicile travail.

    Voilà le contexte : l’INSEE met à disposition une évaluation des déplacements domicile-travail (ici). Il s’agit d’un gros fichier CSV de presque 8 millions de lignes décrivant des flux de travailleurs entre différentes villes françaises en 2017 (et aussi le lieu d’emploi des travailleurs transfrontaliers).

    Ces données sont utiles pour décrire la mobilité professionnelle dans un territoire. Pour cas d’étude, nous prenons Angoulême et son agglomération. Voici quelques chiffres sur la domiciliation des travailleurs de Grand Angoulême.

    Nous pouvons détailler les chiffres pour les déplacements entre les communes de GrandAngoulême dans une matrice. On y voit bien la dynamique des villes centres (les communes sont ordonnées par distance à Angoulême) :

    L’étape suivante consistait à inscrire les données de déplacement dans le réseau routier de l’agglomération pour avoir une visualisation spatiale des flux. Avec les données d’OpenStreetMap, on construit le graphe entre les villes, on projette les déplacements. Et voilà :

    L’agglo est toutefois assez étendue, un zoom et un fond uni nous permettent d’y voir plus clair. On en profite aussi pour visualiser l’influence de la ville centrale, c’est-à-dire ici les travailleurs non domiciliés à Angoulême mais qui vont y travailler.

    Parmi tout ces flux, certains seraient faisables en vélo. En posant arbitrairement 8 km comme distance maximale en vélo (électrique ou non), on peut construire la cartes des flux correspondants.

    Ainsi, sur 30700 personnes travaillent dans une autre ville de l’agglo, plus de la moitié font moins de 8 km, pour un tiers du kilométrage parcourus – 87000 km. A cela s’ajoutent 17200 individus qui habitent et travaillent dans la même ville. (Calcul de coin de table : 87000 km parcourus par déplacement (2x/jour, 200 jours/an), c’est environ 5000 tonnes de CO2 et 3 millions d’euros de carburant par an économisés s’ils sont fait à vélo plutôt qu’en voiture).

    L’analyse du réseau permet notamment de mettre en avant les pénétrantes principales, dont il faut renforcer la cyclabilité et attirer les cyclistes sur ces axes, mais ceci est au autre sujet que nous avons abordé par ailleurs.

    En poussant un peu les analyses, on peut également s’intéresser aux détail des modes de transport pour chaque commune. Par exemple le diagramme de flux suivant : 

    Cet article présentait brièvement quelques approches possible en termes de visualisation des données de déplacement domicile-travail. Évidemment, il y a des limites à l’analyse en raison de multiples facteurs : qualité et précision des données sources, méthodes de simplification du graphe perfectibles, non-prise en compte des transports en communs … N’hésitez pas à ajouter un commentaire pour réagir et éventuellement présenter vos propres travaux sur le sujet.

  • Trafic de marchandises par voie navigable dans le Bas-Rhin

    Trafic de marchandises par voie navigable dans le Bas-Rhin
    Temps de lecture : 5 min.

    Contexte de l’étude, données et méthodologie

    Cette étude a été réalisée dans le cadre du programme POPSU Métropoles à Strasbourg qui s’est intéressé à qualifier le rôle du port et des voies d’eau dans la dynamique de métropolisation de la ville. Notre contribution à cette recherche a consisté à mener une analyse quantitative des flux de marchandises qui transitent par voie navigable dans le département. Cette analyse repose sur l’utilisation de notre logiciel Sinamet qui a permis l’exploitation des jeux de données suivants :

    1. Données provenant du Systèmes d’information sur le transport de marchandises (SitraM) produit et exploité par le Ministère de la Transition Écologique / Service de la donnée et des études statistiques. Ces données nous renseignent sur la nature, la quantité, l’origine et la destination des marchandises transportés par route et voie navigable entre les différents départements français et avec les autres pays. Malheureusement les données ferroviaires ne sont pas disponibles.
    2. Statistiques du Port Autonome de Strasbourg (PAS).

    Pour présenter les résultats, nous commençons par situer le Bas-Rhin par rapport à d’autres départements en France en termes de trafic fluvial. Nous nous focaliserons ensuite sur l’origine et destination des entrées et sorties du Bas-Rhin, puis sur les statistiques du PAS.

    En France

    Afin de comparer l’usage des voies navigables pour le transport de marchandises en France, nous représentons sur la carte suivante les tonnages transportés pour chaque département. Les principaux départements français à mobiliser ces voies navigables figurent dans le tableau suivant.

    Ces premiers éléments nous font remarquer qu’une part significative des marchandises sont transportées par voie navigable dans le Bas-Rhin. Il est le second département en terme de tonnage, voire le premier si cela est rapporté à la population.

    Le type et quantités des différentes marchandises transportées par voie navigable en France sont présentés dans la figure suivante. Il s’agit pour l’essentiel de matériaux de construction (sables, graviers). De manière plus accessoire, mais tout de même significative, nous avons également des céréales, des produits pétroliers, chimiques, et des « marchandises non identifiables » qui sont majoritairement des conteneurs.
    Remarque : les intitulés sont ceux de la nomenclature NST 2007 utilisée comme référentiel pour les statistiques de transports.

    Dans le Bas-Rhin

    Après le cadrage national, nous nous intéressons plus spécifiquement aux flux du Bas-Rhin, distingués selon leur mode de transport, et selon qu’il s’agisse de flux entrants, sortants ou internes. Nous visualisons l’évolution année après année de ces flux, ainsi qu’une représentation en 2017.

    Ces figures montrent que les voies navigables sont surtout utilisées pour l’import / export de marchandises, et très peu pour du trafic interne (dans le même département). Les figures suivantes nous permettent de mieux connaître l’origine et la destination des flux. Nous représentons pour l’année 2017 les cartes des origines / destinations, puis un détail des produits selon leur mode de transport.

    Nous remarquons ainsi que le transport fluvial participe au transport des marchandises sur de longues distances, le transport routier est quant à lui beaucoup plus local, une grosse moitié des marchandises transportées par ce mode de transport étant en provenance ou à destination des territoires limitrophes au Bas-Rhin (Moselle, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Haut-Rhin et Allemagne).

    Comme on le voit sur la figure des entrées sorties, les marchandises en transfert dans les installations du PAS représentent 95 % des flux de marchandises sur le département. L’étude des quantités (figures suivantes) montre bien l’équivalence, à quelques intitulés de nomenclature près.

    Les statistiques du PAS viennent ainsi compléter les données SitraM. Si l’origine et destination des marchandises n’est pas disponible, en revanche ce sont des données mensuelles qui nous renseignent sur la saisonnalité des flux. Ainsi, sur la figure suivante, nous voyons clairement l’impact du phénomène de basses eaux qui a eu lieu à la fin de l’été 2018 et qui a empêché le trafic fluvial en aval du Rhin.

    Statistiques du Port Autonome de Strasbourg

    Les statistiques du PAS nous renseignent également sur le trafic conteneurs dans les installations, selon les trois modes. On y retrouve l’impact des basses eaux (qui a toutefois bénéficié au transport ferroviaire), et aussi un aperçu sur la dynamique des conteneurs pleins ou vides, avec des préférences notables pour l’un ou l’autre selon le mode de transport.

    Conclusions

    L’étude a produit des éléments de connaissance des flux de marchandises sur le territoire et notamment par voie d’eau. Le SINAMET a permis l’exploitation des données SitraM et des statistiques du PAS, pour analyser les données de manière qualitative, quantitative, spatiale, temporelle et selon le mode de transport. Ces différents éléments permettent d’interroger l’aménagement et la dynamique du territoire : l’usage des voies d’eau pour le trafic de marchandises, l’organisation des carrefours logistiques du territoire tenant compte des spécificités et complémentarités des différents modes de transport, les stratégies de résilience du port vis-à-vis des phénomènes de basses eaux, etc. Cela participe à une meilleure connaissance partagée du territoire pour permettre aux acteurs de mieux coopérer.

  • Suivi de la facturation énergie de l’Eurométropole de Strasbourg

    Suivi de la facturation énergie de l’Eurométropole de Strasbourg
    Temps de lecture : 3 min.

    Cet article présente les résultats obtenus suite à l’exploitation des données de facturation énergie de l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) à travers Sinamet. Ces données concernant près de 150 000 factures entre 2009 et 2017 renseignent les quantités consommées en euros et en kWh de différents type d’énergie (électricité, gaz, chauffage urbain, fioul) par les 1055 bâtiments du patrimoine de la collectivité.

    Vue globale des consommations

    Différentes techniques sont disponibles pour représenter globalement les données : profil de consommations, répartitions pour 2014 selon différentes unités, évolution de coût, etc.

    Ces représentations donnent une idée générale de la consommation d’énergie, également en termes de coût et d’impact climatique. Il y a notamment de fortes variations saisonnières qui traduisent un enjeu important : 60 % de la consommation d’énergie est saisonnière et donc essentiellement imputable au chauffage des bâtiment. Ce montre l’importance à travailler sur l’isolation des bâtiments. On remarque également un coût croissant de l’énergie, mais finalement assez stable pour les autres énergies.

    Études plus spécifiques

    De manière plus opérationnelle, nous identifions des bâtiments spécifiques. La représentation des consommations cumulées croissantes du patrimoine (voir figure suivante) est très utile : elle montre qu’une minorité de bâtiments représente l’essentiel des consommations : 20 bâtiments (sur 1055) consomment 35% de l’énergie, 45 bâtiments en consomment 50%. Il s’agit évidemment des gros équipements : piscines, centre administratif, musées, etc. (voir carte figure suivante).

    La consommation de chaque bâtiment peut être également analysée, par exemple à travers leur sensibilité thermique ou le coût de l’énergie.

    La sensibilité thermique

    La sensibilité thermique d’un bâtiment désigne l’impact de la température extérieure sur la consommation d’énergie, en raison des besoins de chauffage (cela peut être étudié aussi pour la climatisation, mais nous ne le verrons pas ici). Cette sensibilité caractérise assez bien la qualité de l’isolation thermique, mais dépend évidemment des usages du bâtiment. Afin de la quantifier, on représente la consommation d’énergie en fonction des besoins en chauffage qui sont quantifiés en degrés-jours unifiés (référence chauffage 18°). Les figures suivantes représentent ainsi la sensibilité thermique du bâtiment le plus important du patrimoine (le centre administratif), et une comparaison entre des bâtiments selon quelques typologies, rapportée à leur surface (SHON). Ce second graphique invite notamment à s’interroger sur les causes de la dispersion des valeurs.

    Conclusion

    Cette étude des factures d’énergie du patrimoine d’une collectivité montre les intérêts des analyses de flux d’énergie. Nous pouvons identifier les bâtiments les plus significatifs en termes de consommation, des marges de manœuvre dans l’isolation de certains d’entre eux, ou dans le prix de l’énergie. Il est également d’évaluer des impacts environnementaux comme la consommation de ressources fossiles ou les émissions de gaz à effet de serre. Ces différents exemples montre l’intérêt des analyses de flux pour construire une vision partagée de la consommation d’énergie.

    Cette étude menée sur l’Eurométropole de Strasbourg peut être facilement reproduite dans d’autres collectivités. D’autres études sont ainsi en discussion et pourront venir apporter des éléments de comparaison.

    N’hésitez pas à commenter s’il y a certains aspects qui vous intéressent en particulier ! L’article ici ne reprend que les principaux résultats, mais d’autres aspects ont été examinés lors de l’étude.

  • A l’origine de Dynartio : Un travail de recherche

    A l’origine de Dynartio : Un travail de recherche
    Temps de lecture : 2 min.

    Dynartio a construit son expertise à partir de la réalisation d’une thèse intitulée : « Le paradigme du métabolisme territorial : Une approche par le traitement des données ». Cette thèse, soutenue en septembre 2020, s’est déroulée au sein du Laboratoire Image Ville Environnement (Université de Strasbourg / CNRS) et a été financée par l’ADEME.

    La problématique de recherche part d’un double constat : l’étude du métabolisme d’un territoire est une approche particulièrement pertinente pour accompagner la transition écologique. Néanmoins mener à bien ce type d’étude demande à compiler et exploiter de nombreux jeux de données hétérogènes, ce qui requiert un effort conséquent et des compétences particulières.

    L’objectif de cette thèse était donc de décortiquer les rouages du traitement de données qui sous-tendent ces études, et de proposer des outils d’analyses qui les rendent plus opérationnelles. Plusieurs outils pratiques ont ainsi été formalisés comme une liste d’applications ou une grille d’analyse multi-dimensionnelle. La proposition principale est la conception d’un Système d’Information pour l’Analyse du Métabolisme des Territoires (Sinamet). Cet outil permet d’apporter une grande dextérité dans la structuration et l’exploitation des données de flux (matière ou énergie) à l’échelle des territoires. La thèse présente ainsi ces différents outils, ainsi que des exemples d’applications sur les flux de marchandises et les flux d’énergie du patrimoine d’une collectivité. Nous présentons ces applications dans des articles plus grand public ici et ici.

    Suite à cette thèse, nous avons fait le choix de poursuivre le développement du Sinamet sous la forme d’une start-up, afin notamment de pouvoir accompagner les acteurs du territoire (collectivités, agences d’urbanismes, bureaux d’études, …) dans l’appropriation et l’usage de l’approche par le métabolisme territorial.

    Les travaux sont disponibles à l’adresse suivante : http://theses.fr/2020STRAH012