Trafic de marchandises par voie navigable dans le Bas-Rhin

par | Jan 7, 2021

Contexte de l’étude, données et méthodologie

Cette étude a été réalisée dans le cadre du programme POPSU Métropoles à Strasbourg qui s’est intéressé à qualifier le rôle du port et des voies d’eau dans la dynamique de métropolisation de la ville. Notre contribution à cette recherche a consisté à mener une analyse quantitative des flux de marchandises qui transitent par voie navigable dans le département. Cette analyse repose sur l’utilisation de notre logiciel Sinamet qui a permis l’exploitation des jeux de données suivants :

  1. Données provenant du Systèmes d’information sur le transport de marchandises (SitraM) produit et exploité par le Ministère de la Transition Écologique / Service de la donnée et des études statistiques. Ces données nous renseignent sur la nature, la quantité, l’origine et la destination des marchandises transportés par route et voie navigable entre les différents départements français et avec les autres pays. Malheureusement les données ferroviaires ne sont pas disponibles.
  2. Statistiques du Port Autonome de Strasbourg (PAS).

Pour présenter les résultats, nous commençons par situer le Bas-Rhin par rapport à d’autres départements en France en terme de trafic fluvial. Nous nous focaliserons ensuite sur l’origine et destination des entrées et sorties du Bas-Rhin, puis sur les statistiques du PAS.

En France

Afin de comparer l’usage des voies navigables pour le transport de marchandises en France, nous représentons sur la carte suivante les tonnages transportés pour chaque département. Les principaux départements français à mobiliser ces voies navigables figurent dans le tableau suivant.

Ces premiers éléments nous font remarquer qu’une part significative des marchandises sont transportées par voie navigable dans le Bas-Rhin. Il est le second département en terme de tonnage, voire le premier si cela est rapporté à la population.

Le type et quantités des différentes marchandises transportées par voie navigable en France sont présentés dans la figure suivante. Il s’agit pour l’essentiel de matériaux de construction (sables, graviers). De manière plus accessoire, mais tout de même significative, nous avons également des céréales, des produits pétroliers, chimiques, et des « marchandises non identifiables » qui sont majoritairement des conteneurs.
Remarque : les intitulés sont ceux de la nomenclature NST 2007 utilisée comme référentiel pour les statistiques de transports.

Dans le Bas-Rhin

Après le cadrage national, nous nous intéressons plus spécifiquement aux flux du Bas-Rhin, distingués selon leur mode de transport, et selon qu’il s’agisse de flux entrants, sortants ou internes. Nous visualisons l’évolution année après année de ces flux, ainsi qu’une représentation en 2017.

Ces figures montrent que les voies navigables sont surtout utilisées pour l’import / export de marchandises, et très peu pour du trafic interne (dans le même département). Les figures suivantes nous permettent de mieux connaître l’origine et la destination des flux. Nous représentons pour l’année 2017 les cartes des origines / destinations, puis un détail des produits selon leur mode de transport.

Nous remarquons ainsi que le transport fluvial participe au transport des marchandises sur de longues distances, le transport routier est quant à lui beaucoup plus local, une grosse moitié des marchandises transportées par ce mode de transport étant en provenance ou à destination des territoires limitrophes au Bas-Rhin (Moselle, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Haut-Rhin et Allemagne).

Comme on le voit sur la figure des entrées sorties, les marchandises en transfert dans les installations du PAS représentent 95 % des flux de marchandises sur le département. L’étude des quantités (figures suivantes) montre bien l’équivalence, à quelques intitulés de nomenclature près.

Les statistiques du PAS viennent ainsi compléter les données SitraM. Si l’origine et destination des marchandises n’est pas disponible, en revanche ce sont des données mensuelles qui nous renseignent sur la saisonnalité des flux. Ainsi, sur la figure suivante, nous voyons clairement l’impact du phénomène de basses eaux qui a eu lieu à la fin de l’été 2018 et qui a empêché le trafic fluvial en aval du Rhin.

Statistiques du Port Autonome de Strasbourg

Les statistiques du PAS nous renseignent également sur le trafic conteneurs dans les installations, selon les trois modes. On y retrouve l’impact des basses eaux (qui a toutefois bénéficié au transport ferroviaire), et aussi un aperçu sur la dynamique des conteneurs pleins ou vides, avec des préférences notables pour l’un ou l’autre selon le mode de transport.

Conclusions

L’étude a produit des éléments de connaissance des flux de marchandises sur le territoire et notamment par voie d’eau. Le SINAMET a permis l’exploitation des données SitraM et des statistiques du PAS, pour analyser les données de manière qualitative, quantitative, spatiale, temporelle et selon le mode de transport. Ces différents éléments permettent d’interroger l’aménagement et la dynamique du territoire : l’usage des voies d’eau pour le trafic de marchandises, l’organisation des carrefours logistiques du territoire tenant compte des spécificités et complémentarités des différents modes de transport, les stratégies de résilience du port vis-à-vis des phénomènes de basses eaux, etc. Cela participe à une meilleure connaissance partagée du territoire pour permettre aux acteurs de mieux coopérer.

 

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Entrez Captcha ici : *

Reload Image